Antananarivo et la région Analamanga

Antananarivo, la ville des mille

Voyager à Madagascar, c’est aussi une invitation à découvrir une ville hétéroclite et surprenante où traditions et modernité s’entremêlent pour raconter une histoire.

Antananarivo est une capitale multicolore perchée entre rizières et collines sur les Hautes Terres centrales de l’Imerina. Oscillant entre 1 100 et 1 431 mètres d’altitude, elle est l’une des capitales les plus pittoresques au monde et se laisse découvrir sans détour.

Bâtie, comme toutes les places fortes, au sommet d’une colline, elle s’est étendue sur les collines voisines avant d’investir progressivement leurs coteaux. Au fil des siècles, les plaines marécageuses en contrebas sont devenues les quartiers les plus populaires de la ville.

Connaissant la tradition malgache, on devine qu’un héritage se cache derrière le nom de cette ville. On se laisse alors bercer par l’histoire d’un roi et de ses mille soldats, il y a près de quatre siècles.

Attiré par sa position défensive avantageuse, le roi Andrianjaka, qui régna de 1610 à 1630, convoite le territoire d’Antananarivo et décide d’aller à la conquête des royaumes alentours. Il finit par bâtir son palais de bois, le « Rova », au point culminant de la colline, à l’emplacement actuel du Palais de la Reine. Installant une garnison de 1 000 guerriers pour protéger le domaine royal, il donna alors à la ville le nom d’Antananarivo, ou la « Cité des Mille ».

« Ny arivo lahy tsy maty indray andro », ou « Mille hommes ne meurent pas en un jour »

Le roi Andrianjaka
Vue panoramique d’Antananarivo, capitale de Madagascar, sur les Hautes Terres.

La Haute Ville, un trésor d’histoire

La Haute Ville regorge de monuments et de vestiges témoins du passé de la royauté merina et offre, à travers ses belvédères, des vues imprenables sur la ville et ses collines alentour.

Entre édifices royaux et espaces publics chargés d’histoire, on découvre de nombreuses églises et autres lieux de culte ancestraux. Les nombreux sites, y compris le Musée de la Photographie, constituent une véritable aventure visuelle.

En fin de journée, ce toit de Tana nous offre une vue imprenable sur la ville basse lorsque les milliers de lumières s’éveillent plus bas. Le vent qui nous fouette le visage procure une sensation de liberté et d’évasion. Le bruit étouffé des klaxons qui montent depuis la ville se mêle aux chants des grillons qui font acte de présence lorsque la chance nous accompagne.

Tandis que certains Tananariviens rentrent chez eux, les clients affluent vers les cuisines de rue : vendeurs de beignets, marchands de « masikita », ces petites brochettes de filet de zébu grillées au barbecue pour les petits creux.

Pour les noctambules, les « Look’s » sont des points de rendez-vous culinaires à mi-chemin entre restaurant et gargote. Ils sont appréciés pour leur fameuse « tête de porc » ou d’autres plats typiquement malgaches servis jusqu’au cœur de la nuit.

Graffiti mural
Graffiti mural
Graffiti mural
Ville en pente illuminée au coucher de soleil sur Madagascar avec architecture colorée et vue panoramique

Une capitale malgache débordante de vie

Dès le matin, on ressent les battements précipités de cette ville névralgique de Madagascar. Bruyante, bondée et effervescente, parfois déroutante mais toujours attachante, Antananarivo séduit autant par son énergie que par son histoire.

Le petit déjeuner devient une douceur avant une journée riche en découvertes et en émotions. On a le choix entre une terrasse de salon de thé ou une petite gargote populaire.

On pourra y goûter les fameux « mofo gasy » sucrés, les « ramanonaka » salés et autres « menakely », sortes de donuts à la malgache que tout Tananarivien qui se respecte a inscrits dans sa mémoire gustative.

Capitale de la diversité, appelée plus communément « Tana », elle invite à découvrir ses marchés traditionnels, son marché aux bouquinistes ou encore les étals de l’artisanat malgache.

Le Zoma, l’âme du plus grand marché à ciel ouvert du monde

Du côté d’Analakely, on découvre l’ancienne place du célèbre « Zoma », longtemps considéré comme le plus grand marché à ciel ouvert du monde.

Le nom « Zoma » signifie « vendredi » en malgache. Du temps des rois, chaque jour de la semaine, à l’exception du dimanche, un quartier différent accueillait le marché. Peu à peu, celui du vendredi est devenu le plus important et le plus emblématique de la capitale.

À son apogée, avant sa fermeture en 1997, le Zoma s’étendait sur plus d’un kilomètre le long de l’avenue de l’Indépendance. Des centaines de marchands y proposaient artisanat, épices, textiles, fruits et légumes sous les célèbres parapluies blancs devenus l’un des symboles de la ville. Les étals envahissaient rues et trottoirs, transformant le centre-ville en un immense théâtre marchand à ciel ouvert.

Victime de son succès, le marché finit par être déplacé. Les problèmes de circulation, d’insalubrité et de sécurité ont conduit les autorités à réorganiser progressivement les activités commerciales dans différents quartiers de la ville.

Aujourd’hui, l’esprit du Zoma demeure bien vivant à travers plusieurs marchés spécialisés : le marché Pochard pour l’artisanat et la confection, la Petite Vitesse pour les fruits, légumes et plantes médicinales, le « Coum » dans le quartier de 67 Hectares, Ambodin’Isotry pour les tissus ou encore Anosy pour les fleurs, la poterie et les linceuls.

Marché malgache femme sous parapluie vendant légumes et fruits colorés
Marché animé en pente dans une ville malgache aux toits colorés et étals sous parasols
Marché malgache coloré avec légumes frais disposés en bassines et paniers sur étal


Chapeau en jute tressé coloré rouge et bleu suspendu parmi d'autres modèles artisanaux


Marché malgache étal de charcuterie et viandes séchées avec clients intéressés

Les balades tananariviennes, un régal pour les sens

Antananarivo, ce sont aussi les mille petites ruelles pavées à flanc de colline que l’on découvre en parcourant les célèbres escaliers appelés « totohabato ».

« Il faut en avoir grimpé les escaliers aux mille marches à en perdre le souffle, dévalé les ruelles raides et tortueuses pour se retrouver à Mahamasina, et y avoir vu les jacarandas du lac Anosy en fin d'année pleurer sous l'orage leurs larmes violettes… ».

Jacques Hannebique, photographe

À mi-chemin entre la Haute Ville et la ville basse, on traverse les quartiers de Faravohitra, Ambondrona ou Ambatomitsangana, qui ont su conserver leur charme d’autrefois malgré une forte croissance démographique. Les rues sont bordées de maisons traditionnelles en briques rouges, de petits ateliers, de marchands et d’artistes de la récupération. Au détour d’une ruelle, on se laisse séduire par le calme improbable d’un quartier aux mille saveurs. Au sommet d’un totohabato, on découvre parfois une exposition de peinture ou un concert de jazz improvisé sur quelques marches.

En flânant ici et là, on tombe parfois sur un groupe d’hommes réunis autour d’un plateau de jeu. Ils s’adonnent à une partie de « Fanorona », jeu traditionnel malgache souvent comparé aux échecs tant il demande stratégie et réflexion. Les parties se jouent partout : dans les parcs, les gares routières, les réunions familiales ou simplement à l’ombre d’un jacaranda.

Nous ne saurions que vous conseiller de vous faire accompagner par l’un de nos guides locaux, pour qui la ville n’a plus de secrets. Mais bien sûr, Antananarivo se découvre également très bien de manière autonome, au gré de vos envies.

Enfants jouant à un jeu au sol
Enfants jouant à un jeu au sol
Enfants jouant à un jeu au sol

La région Analamanga et les collines sacrées

Chargées d’histoire, la région Analamanga et ses collines sacrées invitent le voyageur à découvrir les anciens royaumes malgaches, encore visibles au cœur de la campagne de l’Imerina.

Balades et randonnées permettent de traverser de charmants villages d’artisans et d’explorer une campagne profondément liée à l’histoire de Madagascar.

Antananarivo, Capitale de Madagascar.
Antananarivo, Capitale de Madagascar.
Antananarivo, Capitale de Madagascar.

Nos maisons de charme au cœur d’Antananarivo

Pour découvrir toute la richesse de cette ville, nous avons sélectionné à Antananarivo deux maisons d’hôtes. 

Typiquement malgaches et très différentes l’une de l’autre, elles constituent toutes deux un véritable havre de paix au cœur de Tana.

Situées dans la moyenne et la haute ville, elles offrent un cadre idéal pour se reposer après l’effervescence de la capitale.
Le contraste entre la vie trépidante de la ville et l’atmosphère calme et chaleureuse de ces maisons d’hôtes participe pleinement au charme de votre découverte d’Antananarivo.